A star is Borne..

  • lepirelon

Le suspens a pris fin. Ce sera donc bien Elisabeth Borne qui succédera à Jean Castex et endossera la livrée de Première ministre. Une robe de bure plutôt qu'une toilette de gala, vu la complexité et l'ampleur de la tâche. Il lui faudra montrer qu'elle a les épaules solides pour porter la charge. A ce qu'on dit, elle en aurait la carrure, gagnée au fil de plusieurs responsabilités ministérielles exercées avec une certaine réussite depuis cinq ans. Là-dessus les avis divergent suivant le bord politique d'où l'on parle. Néanmoins, malgré le tintouin médiatique, la nomination d'une femme à Matignon n'apparait plus comme une incongruité et sonne comme une évidence. Borne to be free ?..

 

Les réactions à sa nomination varient selon l'appartenance politique des uns et des autres acteurs. Allant de la satisfaction - voire de l'éloge pressant - à la critique féroce et au procès d'intention teinté de mauvaise foi. Ainsi que le révèlent les prises de position relatées dans la presse. Exemples:

 

 Elisabeth Borne à Matignon

A 61 ans, Elisabeth Borne devient la deuxième femme à devenir Première ministre sous la Ve République, trente et un ans après Edith Cresson. Elle avait le profil presque idéal aux yeux d’Emmanuel Macron. Le président réélu cherchait une femme, manière de tordre le cou au reproche, récurrent depuis 2017, de réduire la macronie à un monde de mecs. Il avait aussi promis de désigner un « Premier ministre chargé de la planification écologique », « quelqu’un qui est attaché à la question sociale, à la question environnementale et à la question productive ».

Elisabeth Borne coche la plupart des cases de ce cahier des charges. Celle qui est issue des cabinets ministériels socialistes et se définit comme « une femme de gauche » connaît parfaitement les rouages de l’Etat. Et elle maîtrise les deux priorités fixées par le chef de l’Etat – l’écologie et les réformes sociales –, pour avoir été successivement ministre des Transports (nommée en 2017), de la Transition écologique (en 2019) et, depuis près de deux ans, ministre du Travail.

A défaut d’incarner la nouveauté, elle fait figure de valeur refuge, grâce à un profil jugé consensuel au sein de la majorité, bien plus que celui des autres personnalités dont le nom a circulé – notamment la présidente du Grand Reims, Catherine Vautrin, blâmée pour avoir défilé dans les rangs de la Manif pour tous.

Mélenchon voit en Borne son « prédécesseur »

Lui aussi brigue Matignon, en cas de victoire aux législatives. Jean-Luc Mélenchon, le leader de l’alliance de gauche (la Nupes), s’est invité dans l’actualité avec un tweet dans lequel il qualifie Elisabeth Borne de… « prédécesseur ». « Grande tension avant la nomination de mon prédécesseur », écrit-il sur Twitter. « Sera-t-elle de droite ou bien de droite ? Personne ne veut le job. C’est un CDD de mission d’intérim », raille le troisième homme de la présidentielle.

Quatre phrases, quatre erreurs. 1. La nomination d’Elisabeth Borne ne suscite pas de tensions au sein de la majorité. 2. Elisabeth Borne est issue des cabinets ministériels de gauche. 3. Plusieurs personnalités ont certes décliné le job, mais d’autres noms étaient cités, comme ceux de Catherine Vautrin, de Florence Parly ou encore d’Audrey Azoulay… 4. Le poste de Premier ministre est toujours, par définition, un contrat précaire.

Fair-play ou agressivité, des réactions très contrastées

La nomination d’Elisabeth Borne à Matignon a suscité très logiquement son lot de commentaires plus ou moins élogieux. Si Jean-Luc Mélenchon n’y est pas allé avec le dos de la cuillère, décrivant la nouvelle Première ministre comme « l’une des figures les plus dures de la maltraitance sociale macroniste », d’autres l’ont brossée dans le sens du poil, notamment parmi les anciens membres du gouvernement. Deux réactions se distinguent : celle de Catherine Vautrin et de Marisol Touraine, un temps pressenties pour le poste, et qui l’ont joué fair-play. En politique, il ne faut jamais insulter l’avenir…

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Un Borne accueil

     Par E.B.

S'il n'y a clairement pas eu d'état de grâce pour Emmanuel Macron, il semble bien y en avoir un pour Élisabeth Borne. Dans les premières heures suivant sa nomination, la nouvelle Première ministre reçoit en tout cas un accueil unanimement positif parmi les députés LREM d'horizons divers que nous avons interrogés. Tous applaudissent l'entrée d'une femme à Matignon, 30 ans après Édith Cresson. «Personne ne peut douter de sa compétence et donc des raisons de sa nomination, ajoute Aurore Bergé, présidente déléguée du groupe LREM. Elle est polytechnicienne, elle connaît parfaitement les enjeux de la transition écologique qui sera l'axe majeur de la Première ministre. Elle est d'une rare solidité, éprouvée tant sur la réforme de la SNCF que des retraites.» Fiona Lazaar, députée du Val d'Oise, abonde : «J'ai eu plaisir à travailler avec elle pendant tout le mandat avec ses différentes casquettes, elle a une fibre sociale sincère et sait travailler en concertation. J'ai eu le plaisir de la recevoir en réunion publique pour la présidentielle et elle a été parfaite.» «C'est une femme de grande qualité, solide», approuve la parisienne Laetitia Avia. Le futur ex-député Pierre Person souligne qu'elle est «la première PM de Macron à être adhérente du parti majoritaire», signe d'appartenance au collectif que n'avaient ni Castex ni Philippe. 

Suffira-t-il d'un signal ?

Alors bien sûr, personne n'a intérêt à dire du mal de la nouvelle cheffe de la majo, en ce début de quinquennat et cette campagne législative, alors que le gouvernement n'est pas encore nommé... Mais une telle avalanche de louanges reste à souligner. Les avis divergent seulement sur le message de «gauche» qu'enverrait la nomination de cette ancienne des cabinets Jospin, Lang et Royal qui a cependant mené certaines des réformes les plus à droite de Macron 1. Le Poitevin et ancien socialiste Sacha Houlié veut y croire : «C'est une femme de gauche, c'est un bon signal.» «Signal, je ne sais pas, tempère Avia. Elle est avant tout une macroniste, et comme beaucoup de macronistes, c'est une femme de gauche.» De gauche d'accord, mais macroniste avant tout. Issue de LR, Aurore Bergé balaie carrément : «Elle porte notre projet politique. Si après 5 ans de quinquennat, on regarde l'appartenance qui était la nôtre il y a 10 ou 15 ans... ça n'a pas de sens.» 

Un marcheur historique venu de la gauche rappelle que cette «bonne gestionnaire» qui «connaît ses dossiers» n'a pas été «prise à défaut» depuis 5 ans. Mais le même pointe la hauteur de la marche que Borne doit maintenant franchir : «Elle devra démontrer qu'elle a appris le métier de politique car il va falloir aller chercher la majorité dans les urnes [aux législatives] et ensuite manœuvrer sous gros temps au Parlement. Et pour renouveler la méthode, elle devra se détacher des courroies technocratiques de l'Élysée.» Mais elle-même n'étant pas la moins technocrate du monde...

 

FRONT COMMUN • Les alliés de gauche de LFI au sein de la Nupes sont, sans surprise, sur la même ligne. À l’instar des Insoumis, qui estiment que le fait que Borne soit une femme est «le seul point positif de cette nomination», les écolos l’ont mauvaise. «Une Première ministre, enfin», commence ainsi Julien Bayou, le patron d’EE-LV, ajoutant : «Mais c'est bien le seul motif de satisfaction. Son bilan à l'écologie, c’est la double condamnation de la France pour inaction climatique.» «Point positif, une femme PM», a réagi en écho le boss des roses Olivier Faure. «Nomination de la ministre des Transports qui a démantelé le service public ferroviaire, de l’écologie condamnée pour inaction climatique, du travail qui a spolié les chômeurs avec la réforme de l’assurance chômage», poursuit-il dans un message assorti du hashtag #BorneOut. Un jeu de mots également apprécié par le communiste Fabien Roussel : «Cette nouvelle première ministre, c’est le borne out immédiat pour tous Français.» Vraiment, en ce moment, on a rarement vu la gauche aussi unie. 

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Commentaire:

Abusons d'un adjectif à la mode: Elisabeth Borne devra se montrer "résiliente" face à l'adversité déclarée des aboyeurs patentés de service. En ce qui nous concerne, nous la jugerons sur ses actes. Ni plus, ni moins. Selon l'adage: "C'est au pied du mur qu'on voit le maçon !..". La maçonne ?..  MB

 

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                                                             Dessins d'Urbs pour Sud-Ouest

 

 

 

 

 

 

 

 

                                        Dessins de Coco, Schvartz et Foolz pour Charlie Hebdo

 

                                Cette année, l'une d'elles a raté le coche avec 41 % des voix..

 

 

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