Ben voyons !..

  • lepirelon

Ben voyons !.. L'expression favorite d'Eric Zemmour s'applique forcément aux incidents qui ont émaillé son méga meeting de Villepinte, dimanche dernier.  Il était prévisible que cela se passerait mal si des manifestants venaient protester contre le candidat ultra-réactionnaire en affichant sur leurs tee-shirts le slogan: Non au racisme !. Ils ont été agressés et molestés par des groupes identitaires présents dans la salle pour assurer le sévice d'ordre (nouveau ?). Début de campagne mouvementé pour le Petit Chose qui a lui-même été bousculé et souffre du poignet. Ce qui ne l'a pas empêché de délivrer son ardent prêche apocalyptique teinté de haine des "élites médiatico-politiques". .

 

De ce que l'on a pu en voir, ce grand raout portait des réminiscences, disons-le franchement, des discours enflammés de Goebbels appelant à la "guerre totale" au Palais des sports de Berlin en 43. Les ennemis sont clairement ciblés: "Vous avez bravé le politiquement correct, les menaces de l’extrême gauche et la haine des médias". Hourras. Puis : "le système, avec ses juges aux ordres et ses journalistes militants, veut vous voler la démocratie". Re-hourras. "Il ne se passe pas une seule journée sans que le pouvoir et ses relais médiatiques ne m’attaquent. S’ils me détestent, c’est parce qu’ils vous détestent..". Comment s'étonner alors que certains participants chauffés à blanc par de telles vindictes ne dérapent en s'en prenant aux journalistes, vilipendés ou poussés vers la sortie ?..

 

Déroulant un ersatz de programme où il promet augmentation des salaires, baisses d'impôts et de cotisations sociales, réindustrialisation avec préférence nationale, il n'oublie pas de resservir ses habituelles marottes: théorie du genre, grand remplacement et écriture inclusive etc.. Il cible Macron, ce "mannequin de plastique, ce masque sans visage qui défigure le nôtre" et en remet une couche sur les intellectuels: "Inlassablement, nous allons nous débarrasser de ces idéologies hors-sol qui ne vivent que d’argent public et de journalistes militants. La meute est désormais lancée à mes trousses, les journalistes veulent ma mort sociale, et les jihadistes ma mort tout court”. Et en forme de péroraison: "Nous avons un plan, nous avons la force et nous avons le courage, ils ne pourront rien faire contre nous. Aux yeux du monde, nous pourrons crier: la France est de retour.". Retour vers le futur ?.. Une France rance ?.. "Pauvre France !..", comme disait nos grands-mères . .

 

Au fil de ses harangues, le polémiste franchouillard n'a pas caché sa stratégie qu'il a déjà formulée : "Je veux rendre le droit de vote aux électeurs du Front national et je veux rendre la droite aux électeurs de LR". En somme, faire venir à soi les électeurs de la daronne du Ramassis national, déçus par sa "dédiabolisation" et son recentrage ainsi que ceux des Rrrépublicains supporters d'Eric Ciotti qui n'apprécient pas Valérie Pécresse, la trouvent lénifiante, ne lui pardonnent pas ses allers et retours au sein du parti et la soupçonnent de jouer double-jeu pour ménager l'avenir. Macroniste ?..

 

Justement, à peine terminée la primaire interne LR, la victoire de "la pécheresse" et ses embrassades tous azimuts, l'entente cordiale n'est plus d'actualité. Valérie Pécresse a tenté de se démarquer quelque peu de la ligne très droitière développée par Eric Ciotti tout au long de cette course interne. Interrogée sur le fait de savoir si elle allait reprendre certaines idées du député, comme le “Guantanamo à la française” ou la priorité nationale pour les emplois, la désormais candidate LR à l’élection présidentielle a répondu: “Non, je ne garderai pas ces propositions-là. C’est mon projet qui a été choisi par les militants, c’est ma ligne qui peut permettre de rassembler”. C'est-y clair ?..

 

Aussi sec, le challenger Eric Ciotti a mis en garde: "Le message qui a été adressé hier soir a étonné et surpris beaucoup des personnes qui me soutiennent. Si mes idées n’ont pas la place accordée par les militants, nous n’aurons aucune chance de gagner. J’entends que mes idées soient représentées avec force, les idées d’une droite qui entend se faire respecter”. A bon.ne entendeur.e !..

 

Pendant ce temps, Jean-Luc Mélenchon relançait sa campagne sous la Grande Arche de la Défense et portait sur les fonds baptismaux sa dernière trouvaille : un "parlement de l’union populaire" regroupant les élus insoumis, des militants engagés, des syndicalistes et des personnalités afin de mettre en musique la campagne et "unir les citoyens à la base". Il a aussi déroulé ses propositions : "Si je suis élu, il y aura une loi d’urgence sociale. Ceux qui ont beaucoup gagné pendant la crise devront beaucoup payer pour la réparer. Les prix de première nécessités seront bloqués, le smic sera augmenté ainsi que les minima sociaux". Prévisible. Par ailleurs, il a proposé un débat télévisé à Valérie Pécresse qu’il classe politiquement en "deux tiers Macron et un tiers Zemmour" et qu'il surnomme Ma Dalton "qui a vaincu Averell Barnier et Joe Ciotti". C'est très fin !..  Ce à quoi, elle lui a indirectement répondu qu'elle se voit plutôt en Calamity Jane. Le niveau monte !

 

Où l'on voit que le grand charivari tonitruant qui va durer quatre mois a bien débuté. Où tous les coups seront permis ? Espérons que non. En attendant que le grand sachem entre dans la course. D'ici là, l'eau aura coulé sous les ponts et, peut-être, y verrons nous plus clair. Ben, voyons !.. MB

 

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                                                                        Mauvais coucheur ?..

                                                                       Et plus si affinités !..

                                                                               Bras cassé ?..

 

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