Néron..

  • lepirelon

Tel Néron, à force de jouer avec le feu, Donald Trump vient d'embraser le temple de la démocratie américaine. Après avoir tenu un discours incendiaire incitant ses supporters à manifester devant le Capitole de Washington, siège du Parlement. Ceux-ci, chauffés à blanc, l'ont pris violemment d'assaut. Interrompant la séance qui devait avaliser les résultats de l'élection présidentielle du 3 novembre dernier et confirmer la victoire de son rival démocrate Joe Biden. Les scènes d'échauffourées qui ont suivi ont donné l'image d'une catharsis chaotique s'apparentant à une tentative de golpe de estado digne d'une république bananière. Soldée par des morts. .

 

Même si cette tentative de ce coup de force a échoué et l'ordre été rétabli, il révèle la profonde fracture de la société américaine exacerbée par les discours et la politique du 45° président des Etats-Unis - fort désunis. Son acharnement pathologique a nier l'évidence en refusant le verdict du scrutin qui l'a défait confine à la démence. Cet épisode qui suit sa tentative de truquer le décompte des votes de la Géorgie confirme son trouble mental et son mépris de la procédure démocratique. Son enfermement réaffirmé dans les pires thèses conspirationnistes aggrave le diagnostic que certains formulaient déjà dès sa prise de fonction et les décisions erratiques qui ont suivi l'élection: dangereux, incompétent, inapte à gouverner..

 

Dès le mois de décembre 2020, Donald Trump avait donné rendez-vous à ses partisans le 6 janvier à 11 heures pour un "grand rassemblement" contre "la plus grosse ARNAQUE dans l’histoire de notre nation": sa défaite par plus de 7 millions de voix. Ceux-ci ont répondu nombreux à son appel à cette "manifestation pour sauver l'Amérique". Arborant leurs casquettes rouges, des drapeaux confédérés et des tenues paramilitaires pour écouter leur idole qui ne les a pas déçus. "Aucun d’entre nous ne veut d’une élection volée par l’extrême gauche", a t-il proféré. "Nous n’abandonnerons jamais. Nous ne reconnaîtrons jamais la défaite. Nous allons arrêter le vol de l’élection". Puis enjoignant à son vice-président d'arrêter le processus et de demander une nouvelle certification des résultats contestés. Avant d’ordonner à ses partisans de marcher sur le Capitole. .

 

Aussitôt dit, aussitôt fait. Les manifestants convergent vers le Capitole. Certains se heurtent à la police et escaladent les balcons. D'autres brisent des vitres et enfoncent des portes. Et pénètrent dans le bâtiment mal gardé. S'en suit une déambulation en forme de visite des lieux agrémentée de slogans haineux. Au passage, des bureaux sont saccagés, des biens détruits. Les parlementaires sont mis à l'abri ou se couchent dans les travées de l'assemblée. Une atmosphère de putsch..

 

Ces évènements sont suivis en direct par les Américains ébahis. Vers 16 heures, le président élu, Joe Biden, appelle à arrêter le siège du Capitole : "Notre démocratie est victime d’une agression sans précédent", accuse-t-il. Surtout, il appelle Donald Trump à intervenir à la télévision nationale, à se "montrer à la hauteur", à imposer le calme à ses partisans. Celui-ci finit par réagir en appelant les émeutiers à "rentrer chez eux en paix" mais il souffle sur les braises en ajoutant: "L’élection nous a été dérobée. C’était un raz de marée et tout le monde le sait. Je comprends votre souffrance. We love you !". Façon insensée de justifier leurs actes en s'enferrant dans le mensonge.

 

La garde nationale de Washington qui a fini par se déployer dans la capitale fédérale – sur ordre de Mike Pence selon la presse, Donald Trump ayant refusé de s’en charger – fait évacuer la foule, progressivement mais fermement. A 20 heures, les élus reprennent leur place et leurs débats, là où ils en étaient restés et finissent par déclarer Joe Biden président élu. Donald Trump, de son côté, redescendu sur terre, affirme que son mandat est fini et promet une transition ordonnée. Chiche !. La roche Tarpéienne est proche du Capitole..

 

Mitch McConnell, leader républicain du Sénat pour quelques jours encore, affirme : "Le Congrès des Etats-Unis a vu des menaces bien plus grandes que cette foule incontrôlée". Il n'empêche que cet évènement est totalement inédit et résulte des rodomontades, des élucubrations et des injures proférées, quatre ans durant, par le pire président des Etats-Unis. Installé dans le déni de réalité en n'acceptant pas sa défaite, il a allumé un incendie qui a failli mettre à bas un pilier de la démocratie américaine. Puisse ce happening, grotesque au-delà de toute mesure, faire ouvrir les yeux de certains de ses admirateurs qui l'ont cru et suivi aveuglément. Fin d'un cauchemar de quatre ans ?..

 

Après cette catharsis, la route est libre pour une nouvelle ère incarnée par Joe Biden et Kamala Harris dont la volonté affichée est de "réconcilier l'Amérique". Les premières réactions du nouveau président laissent à penser qu'il en a la capacité et la sagesse. Après Néron, Marc-Aurèle ?.. MB

 

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   Malgré leurs allures carnavalesques, il ne faut pas sous-estimer leur démarche factieuse..

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                                           "Ne me quitte pas !.."

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