Abus d'Ubu..

  • lepirelon

Jusqu'au bout, Donald Trump se sera montré involontairement disciple d'Ubu Roi, grand maître de l'ordre de la Gidouille, personnage devenu un archétype, symbole de la cupidité de hiérarques politiques et de leur absurdité de vouloir toujours tout à tout prix, créé par Alfred Jarry. Le Washington Post vient de diffuser une conversation téléphonique dans laquelle le président sortant demande au secrétaire d'Etat républicain de Géorgie d'inverser les résultats de l'élection présidentielle dans son Etat. Rien de moins. Ce qui, manifestement, constitue un abus de pouvoir.  L'abus d'Ubu..

 

En une heure de discussion virulente avec Brad Raffensperger, Secretary of State de Géorgie chargé entre autres des questions électorales, et l’adjoint de ce dernier, Ryan Germany, Donald Trump leur demande non seulement d’invalider la victoire de Joe Biden dans cet Etat en raison de fraudes imaginaires, mais surtout de "recalculer les résultats" pour lui "trouver 11 780 voix", soit exactement une voix de plus que l’avance obtenue à la présidentielle par son rival démocrate. .      Donc, de falsifier le processus démocratique tel qu'il en accuse, depuis deux mois, son concurrent.  L'arroseur arrosé..

 

Ses interlocuteurs, longtemps des Trumpistes loyaux, ne cessent de lui répondre, sur un ton calme mais consterné, que "ses informations sont erronées", et que trois recomptages, dont un manuel, des quelques 5 millions de bulletins, n’ont fait apparaître aucune irrégularité ou fraude susceptible d’avoir contribué à la victoire du candidat démocrate. Mais rien n’y fait. Trump revient à la charge, évoque des "rumeurs" assurant que des milliers de bulletins auraient été passés à la déchireuse dans un comté, que 5 000 morts auraient voté, jure qu’il "a gagné" et que l’entreprise Dominion, fournisseur des machines de vote, escamoterait ses appareils ou "des pièces à l’intérieur des machines" afin de dissimuler des manipulations informatiques en faveur de Biden. Cornegidouille !

 

Pour appuyer son propos, le satrape de la Maison Blanche accuse les deux hommes de se rendre coupables d'une "infraction criminelle" s'ils cautionnent l'élection présidentielle. Pire encore, il exerce un véritable chantage à son propre parti, laissant entendre que ses partisans en colère contre les dirigeants de cet Etat "pourraient renoncer à aller voter" aux élections partielles qui, mardi, doivent décider des noms des deux sénateurs de Géorgie, et de facto, éradiquer le pouvoir des Républicains à Washington qui pourraient se trouver en minorité au Congrès. Vive l'armerdre !

 

Au contraire, cette intervention pourrait mettre dans l'embarras la douzaine de sénateurs républicains qui restaient déterminés à bloquer le processus de validation de l'élection présidentielle en suscitant des objections dans les deux chambres qui obligeront à un débat. Or, la majorité démocrate à la Chambre des représentants rend impossible l’invalidation de l’élection de Joe Biden. En maintenant leurs réfutations, ils cautionneraient, au regard de l’histoire, la tentative de putsch de Donald Trump, et sa domination sur le parti après son départ de la Maison Blanche. .

 

Cela n'en prend pas le chemin si l'on s'en tient au camouflet que les élus républicains viennent d'infliger à Trump contournant, à une très large majorité, son veto au budget de la Défense. Le Sénat, contrôlé par les républicains, a adopté avec plus de deux tiers des voix (81 voix contre 13) ce budget de 740 milliards de dollars malgré “les objections du président”. Comme la Chambre des représentants, à majorité démocrate, avait fait de même lundi, le texte est définitivement adopté. Pareillement, le budget fédéral a été adopté par les deux chambres contre la volonté du président qui en contestait certaines dispositions destinées à amortir l’impact économique de la pandémie. .

 

Fin de règne pathétique pour le roi déchu, plus proche d'Ubu et de Richard III que du Roi Lear. Comme disait Winston Churchill: "Vous ajoutez le déshonneur à la défaite !..". Sic transit gloria..  MB

 

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Ah ! Oh ! Je suis blessé, je suis troué, je suis perforé, je suis administré, je suis enterré. Oh, mais tout de même !..

Ubu Roi - Alfred Jarry

 

 

 

 

 

                                                                            Urne funéraire...

 

 

 

 

                                              "De gré ou de force, il va falloir partir !.."

 

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