L'ours et la perruche..

  • lepirelon

Confiné en son Olympe, Jupiter décida qu'il lui fallait renouveler sa cour afin d'achever ses desseins. Ainsi pourrait-on pasticher La Fontaine pour décrire le dernier remaniement gouvernemental censé bâtir "le renouveau" dans "le monde d'après". Après le renvoi du "Grand escogriffe" barbu au quai des brumes du Havre et son remplacement par un fier Gascon à l'accent chantant, le temps était venu de donner congé à quelques ministres éreintés et de les remplacer par du sang neuf. Serviteurs plein d'ardeur et de zèle pour mener le combat de la dernière chance. Avant la bataille décisive de dans deux ans. "P.... ! Deux ans !..", comme disait la marionnette de Chirac et ses pommes, à l'époque épique des "Guignols de l'info". 

 

Outre un arrivage de quelques nouvelles têtes, ce remaniement a donné à voir l'habituel jeu de chaises musicales destiné à répartir les charges de certains ministres qui ont dû échanger leurs maroquins. Le but de la manoeuvre étant d'aboutir  à un subtil équilibre entre les forces politiques internes à la Macronie et les compétences supposées des impétrants. Au rang des principaux promus, on trouve Gérald Darmanin qui réalise son rêve d'occuper le fauteuil ministériel de la Place Bauveau. Remplaçant Christophe Castaner qui a bien démérité à ce poste et peut retourner faire le kéké dans les bars du midi. Bruno Le Maire voit son contrôle sur la citadelle de Bercy élargi. Marlène Schiappa qui prenait les mesures sur l'égalité des sexes (!) sera chargée de la citoyenneté. Elisabeth Borne qui n'a pas la main verte s'étiolait à l'écologie et reprend le portefeuille du Travail. En revanche, Sibeth Ndiaye, ex-porte-parole hasardeuse, cède la place au jeune loup Gabriel Attal.  Et se fait la malle pleine de sa garde-robe chamarrée..

 

Nouvelle venue, Barbara Pompili, ex-secrétaire d'Etat EELV de Hollande, se voit confier le délicat dossier de la Transition écologique avec deux ministres délégués au logement et aux transports. Cet attelage composite est sensé servir le grand dessein macronien de la "réinvention" proclamée. Et faire oublier la vacance de M.Hulot depuis son départ du ministère en tambours et trompettes. Pour récupérer les confortables dividendes de sa marque de shampoings, gels douche et parfums. Garantis bio sans nanoparticules. Où choix y'a !.. 

 

Jusqu'ici, tout va bien. Rien que du conventionnel. Ce serait sans compter avec la méga-surprise du chef: le départ de Nicole Belloubet mettant fin à son chemin de croix à la garde des Sceaux et son remplacement par Eric Dupont-Moretti, le ténor du barreau à la voix de stentor. Celui que l'on surnomme "Acquittator" accède curieusement à ce poste à hauts risques. D'autant qu'il ne s'est pas privé jusqu'ici de mettre en cause les magistrats du siège et du parquet en les critiquant sévèrement, voire en les caricaturant. Nul doute que ses prises de position contre l'Ecole nationale de la magistrature formant, selon lui, des magistrats "encastés dans un moule dont ils ne sortiront jamais" ou ses diatribes contre la nouvelle génération de juges "qu'il n'aime pas", ne lui faciliteront pas la tâche. De plus, son caractère ombrageux ne devrait pas le pousser au compromis et à l'apaisement avec ses collègues avocats remontés contre le pouvoir et la réforme des retraites. Parions que l'expérience s'avèrera de courte durée. Et le ramènera rapidement dans les prétoires. Ou sur une scène de théâtre pour faire à l'aise l'exégèse de L'huître et les plaideurs de La Fontaine.

 

Enfin, last but not least et cerise sur le gâteau: la nomination au poste de ministre de la Culture de l'ineffable Roselyne Bachelot. L'ex-égérie des "Grosses têtes" où elle côtoyait le gratin des comiques troupiers français, ne rechignant pas à abonder aux blagues salaces d'un Jean-Marie Bigard, saura t-elle satisfaire les revendications d'un secteur qui se dit naufragé, après la fermeture des théâtres, cinémas et musées ? Son goût pour l'opéra, la musique et le spectacle devrait l'aider. De même que son carnet d'adresses bien rempli ainsi que sa vieille connivence avec Jean Castex.  "Ah, bon ?.. Vous m'en direz tant !.."

 

Voici donc achevé le casting de cette nouvelle troupe qui, à deux ou trois exceptions près, tient du : "On prend les mêmes et on recommence !". Pas de quoi concurrencer "Plus belle la vie" et ses quatre mille épisodes. A la différence qu'en ce cas, l'irrévocable fin en est programmée en 2022. Dans 600 jours ! D'ici là, soyons sûrs que les rebondissements ne manqueront pas. A la pelle. . MB

 

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Le remaniement gouvernemental a failli générer une autre grosse surprise. L'Obs nous apprend que Ségolène Royal était en lisse pour obtenir un maroquin ministériel. La négociation aurait été menée en coulisse par Jean-Luc Le Drian, son ex-collègue, qui aurait reçu une réponse favorable. Mais la tractation aurait tourné court car "la madone du Poitou" exigeait d'être nommée numéro 2 du gouvernement. Ce à quoi Jean Castex se serait opposé craignant l'imprévisibilité de la reine du chabichou. Ce refus laisse à celle-ci toute latitude pour préparer sa future candidature à l'élection présidentielle de 2022, restant persuadée d'être indispensable au camp progressiste. Modestie..

 

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