Grand corps malade..

  • lepirelon

Les images d'émeutes venues des Etats-Unis nous rappellent celles des années 60 au plus fort des luttes pour les droits civiques des minorités. Elles font suite à la mort par asphyxie d'un homme noir, George Floyd, maintenu au sol par un policier blanc ayant bloqué son genou sur la nuque de la victime durant huit longues minutes. Malgré ses appels de détresse . Scène filmée en direct par des témoins. Parties de Minneapolis, des manifestations ont gagné de nombreuses grandes villes du pays. Certaines ont dégénéré en affrontements violents avec les policiers. 

 

Ce n'est pas la première fois que des marches de protestation ont lieu suite au décès d'un homme noir abattu de sang-froid par la police. Comme une sombre litanie. Ces évènements révèlent un profond 'malaise dans la civilisation' américaine qui remonte au 'péché originel' de l'esclavagisme, déclencheur de la Guerre de Sécession appelée Civil War, suivie d'un siècle de ségrégationisme à l'encontre des personnes de couleur. Sans parler de l'extermination des peuples indigènes et de leur marginalisation qui ont nourri la saga de "La conquête de l'Ouest" magnifiée par les westerns. 

 

Si les luttes des années 60 ont apporté les Droits civiques aux minorités noires, les rétablissant à égalité avec les blancs, il n'empêche que la ségrégation sociale reste prégnante. Les 13 % de population afro-américaine représentent la majorité des personnes vivant en-dessous du seuil de pauvreté, touchées par le chômage, la précarité et les emplois peu qualifiés ou bénéficiaires des aides sociales. De plus, elle est majoritaire dans les prisons. Récemment, elle a été principalement touchée par l'épidémie de coronavirus. Ne pouvant assumer les dépenses de santé. Hors de prix. .

 

Si l'élection de Barak Obama avait pu constituer un espoir pour cette communauté, bénéficiaire notamment de l'Obamacare, il en va autrement depuis celle de Donald Trump. Celui-ci n'a eu de cesse que d'exacerber les tensions sociales et raciales. Mettant, par exemple, sur le même plan les suprémacistes blancs, tendance néo-nazi, et les protestataires antifascistes lors de la tuerie de Charlottesville en 2017. Aujourd'hui, s'il déplore la mort de George Floyd, il brandit aussi la menace de la répression contre les manifestants: "Quand les pillages commencent, les coups de feu aussi". Reprenant à son compte la formule du chef de la police de Miami, Walter Headley, en 1967, pour menacer les "voyous" qui manifestaient pour les droits civiques.  Tristes tropismes récurrents..

 

Son calcul politique est transparent: apparaître comme le garant de l'ordre auprès de son électorat apeuré. Et rééditer l'exploit de Nixon qui s'était fait élire sur la même ligne en 1968. Néanmoins, Trump entretient une fracture de plus en plus profonde entre les deux moitiés de l'Amérique qui ne se comprennent plus, ne se parlent plus et vont jusqu'à se détester. Il met du sel sur les plaies et encourage le retour du refoulé. Tâchant de faire oublier sa gestion calamiteuse de la pandémie. Ce peuple, capable du meilleur comme du pire, n'est-il plus qu'un "Grand corps malade" ?..  MB

 

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Fort heureusement, aux Etats-Unis, il n'y a pas que le Dark Side. On a vu, dans plusieurs grandes villes, des policiers se désolidariser de leurs collègues de Minneapolis, en s'agenouillant sur le pavé à la mémoire de George Floyd ou même, pour certains, en rejoignant le cortège des manifestants.

 

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Faut-il en rire ou en pleurer ? Les évènements en cours aux Etats-Unis suscitent des commentaires en France. Le plus incongru vient - qui s'en étonnera ? - de Jean-Luc Mélenchon. Le Grand Sachem de la tribu des Z'insoumis qui a estimé sur Twitter que “la révolution citoyenne franchit un seuil aux USA”, où se jouent des événements qui peuvent changer la face du monde: “le mur de Berlin va tomber à New-York”. Rien de moins ! Sur son blog il croit décèler une “gilet-jaunisation” en cours en Amérique. “Hourra ! Le peuple des États-Unis est en ébullition”, s'exclame t-il, enthousiaste. Fever ?.

 

Messages qui ont provoqué une réaction de sa rivale populiste Marine Le Pen. La taulière déconfinée du Ramassis national renvoie la balle en déclarant: "Moi ce qui m’intéresse, c’est quand je vois un certain nombre de responsables politiques qui se réjouissent de ces scènes de guerre civile, de lynchages, de pillages et qui expriment le souhait de voir importer ces guerres raciales sur le territoire national”. À qui fait-elle allusion ? ”À monsieur Mélenchon notamment, dont je condamne avec force les propos et dont on voit que son rêve est un véritable cauchemar”. 30 A ! Score nul !..

 

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                "Je ne peux plus respirer !.."

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Personnaly © 2014 -  Hébergé par Overblog