Bas les masques !..

  • lepirelon

Y'en aura t-il pour tout le monde ? Si vous ne l'avez pas encore acquis, il va falloir vous dépêcher pour en trouver. C'est le must obligé du déconfinement: le masque. Certains, hantés par la peur de la contagion, sont prêts à faire des folies pour en posséder au moins un. Surtout dans les grandes agglomérations où ils vont devoir voyager en transports en commun pour réintégrer leur boulot ou regagner leurs pénates. On peut le comprendre. Gare au contrevenant qui sera regardé de travers comme un pestiféré !.. 

 

En attendant le 11 mai, où peut-on s'en procurer ? Logiquement, on aurait dû en trouver dans les pharmacies. Or, depuis deux mois, c'était impossible. Tous les équipements disponibles étaient réservés aux soignants. Il fallait gérer la pénurie, suite à l'abandon des stocks stratégiques gérés à la petite semaine par les divers pouvoirs publics successifs qui avaient failli en ne les renouvelant pas. D'où quelques gros mensonges par omission sur leur efficacité au tout début de la pandémie. Malgré cela, nombre d'entreprises avaient continué de s'équiper et les distribuaient à leurs employés. 

 

Aujourd'hui, c'est différent. Tout le monde devra en être équipé. Grâce à la mobilisation de milliers de "petites mains" bénévoles, on pourra se procurer des masques "grand public" lavables, vendus ou distribués par les mairies. Mais aussi, des masques jetables sont d'ores et déjà en vente dans les grandes surfaces ou les bureaux de tabac. D'énormes commandes ayant été passées en Chine où la production à repris à un train d'enfer. Les livraisons par ponts aériens de Jumbo jets affluent. 

 

Et c'est là que le bât blesse. Les professions médicales soupçonnent les centrales d'achat des grandes surfaces d'avoir constitué des stocks de masques durant la pénurie afin de les mettre sur le marché au bon moment. En gros d'avoir spéculé par cupidité. Accusation grave portée dans un texte cinglant titré: "Les masques tombent !" où les professionnels de santé s'indignent du nombre "sidérant" de masques mis sur le marché et expriment fort leur "consternation" et leur dégoût". Alors que les soignants (médecins, infirmiers, aide-soignants, kinés) sont toujours contingentés.  

 

Les patrons de la grande distribution s'en défendent avec force et arguent du fait qu'ils ont suivi les recommandations du gouvernement en passant commande auprès des fournisseurs après le 24 avril. Et que les masques sont vendus à prix coûtant malgré le surcoût dû au transport aérien. Les distributeurs rappellent aussi au passage que leurs enseignes ont remis leurs stocks de masques FFP2 aux professionnels de santé dès le début de la crise et fait de nombreux dons aux hôpitaux. "Leur attribuer les difficultés d’approvisionnement est donc faux et malhonnête, il n’y a pas de stocks cachés", argumente leur fédération. Niant la responsabilité de cette "course à l'échalotte".

 

Les grands perdants de cette affaire sont les pharmaciens dont les centrales d'achat n'ont pas su se positionner sur un marché en pleine tension. Au moment où la moitié de la planète était confinée, tous les pays voulaient des masques à tout prix. Certains se sont même conduits en flibustiers en détournant des cargaisons. Il faut reconnaître que la grande distribution française a su prendre les devants et user de sa force de frappe commerciale pour emporter les marchés recherchés. Là où les pouvoirs publics pataugeaient pour expliquer le manque de protections des soignants.

 

Toute honte bue, ils devront revenir à la jurisprudence de Roselyne Bachelot qui n'en finit pas de savourer avec retard sa victoire morale, sous le masque de la fausse modestie revancharde.

Le 11 mai, le mot d'ordre sera donc: "A vos masques ! Prêts ? Partez !.."  MB

 

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PS: Une telle polémique ne pouvait laisser sans réaction le Grand Inquisiteur des pseudo Insoumis. Jean-Luc Mélenchon s'est dit "écœuré" face aux chiffres annoncés des futurs stocks de la grande distribution. Alors qu'en avril, il jugeait légitime l'appel à la grève lancé par la CGT pour obtenir des masques dans les entreprises. Et réclamait dès le 30 mars d'envisager un déconfinement rapide. "Placer les Français dans une prison n'est pas une position durable", disait-il alors fort doctement. Pas à une contradiction près. Lui fournir un masque ou plutôt un bâillon serait opportun pour lui ?

 

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                                                                             "J'étouffe !.."

 

 

 

 

 

 

 

                                                                      "Jeanne, au secours !.."

                                                                        Portrait c(r)aché ?..

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