Cauchemar en cuisine..

  • lepirelon

 

Si les restaurants sont fermés, les arrière-cuisines de la politique n'ont pas baissé le rideau de fer. Discrètes depuis le début du confinement, on commence à y entendre quelques bruits de vaisselle et même de percevoir des fumets plus ou moins odorants émanant de ragoûts mijotés à petit feu. Pour les uns, on remet au goût du jour les vieilles recettes. Pour d'autres, on ne jure que par la nouveauté et l'on s'essaie à des formules se voulant innovantes à tout prix. Aux fourneaux, les chefs étiolés de l'avant-Covid se voient contestés par de jeunes marmitons pleins d'audace culinaire. C'est à celui qui proposera sa recette la plus originale ou transgressive pour l'après 11 mai.

 

Qu'y a t-il au menu des différentes popotes ? Etat des lieux des projets culinaires. A Saint-Cloud, au manoir de Montretout digne de celui de la famille Addams, c'est soupe à la grimace perpétuelle. Pour ne pas changer. C'est la marque de fabrique. La cheffe du Ramassis national ne veut pas faire dans le subtil et le raffiné. Elle pratique la "cuisine de bonne femme", à la Maïté des années 90. .      Il faut du roboratif qui tienne au corps, genre haricot de mouton..  Même s'il engendre quelques désagréments digestifs. Qu'importe l'aigreur. Il suffit de la dissiper par des éructations incongrues. Et pas question de mettre au menu couscous et tajine. Le seul piment autorisé: celui d'Espelette. "On est chez nous ! Non mais, sans blague !.."

 

Côté rive droite, on est dans l'expectative. Faut-il revenir aux fondamentaux chiraquiens: casse-croûte matinal à la rosette de Lyon, et le midi: tripes à la mode de Caen ou/et tête de veau sauce gribiche ? Mais surtout pas arrosée de bière Corona par les temps qui courent. Le malheur est déjà trop passé par la maison. Le chef-cuistot Christian Jacob est encore à la diète et laisse aux seconds couteaux, Retailleau, Woerth ou Ciotti le soin de dézinguer la carte du menu macronien. Tout en veillant jalousement sur le bien-être de son futur candidat au comice agricole de 2022: François B., son cheval de Troyes à la voix de rogomme nonchalante qui, parait-il, fait chavirer certaines dames.

 

Côté rive gauche, pas question de menu unique imposé. De la cuisine centrale du PC trop grande pour lui au moindre kebab, en passant par le comptoir végan servant du jus de céleri, on prône l'union tout en cultivant la "diversité", c'est-à-dire la zizanie. Avec en première ligne, le Grand Yaka des Z'insoumis, toqué depuis des lustres, qui ne jure que par la planification des approvisionnements, comme chez son mentor vénézuélien, et la mise au congélateur des dettes. Ad aeternam..

 

A la périphérie, chez les Verts, on ne se sent plus de joie. La crise sanitaire leur parait justifier leurs sombres prédictions collapsologues et justifier leurs projets de décroissance. L'heure serait à la "résilience", au survivalisme et au frugalisme. Donc, pas question de faire bombance: salade de chicorée, tofu et jus de carotte bio pour tout le monde. Circuits courts obligés: betterave et patates pour les Ch'tis, tapenade et pieds paquets pour les Kékés, artichauds pour les Bugaled Breizh ?..    Topinambours et pain de misère pour les autres ?..

 

En macronie, on ne sait plus où donner de la tête. On court dans tous les sens. L'urgence commande. On est passé très près de la catastrophe. Ces temps-ci, on mange sur le pouce. Paninis et San Pellegrino. A la rigueur: steak-salade sur un coin de table tout en téléphonant, en lisant un rapport ou en répondant à une interview. On est en première ligne. On dort peu. On prend quand même le temps de préparer l'avenir déconfiné entre deux textos. Et ce n'est pas une mince affaire..

 

Le chef a fixé le cap. Il a parlé de "rupture", de "choc anthropologique", de l'urgence de "sortir des sentiers battus", de "se réinventer". Lui aussi. La solution: bâtir "un autre projet dans la concorde". Dès le 16 mars, il appelait "tous les acteurs politiques, économiques, sociaux, associatifs, tous les Français à s’inscrire dans cette union nationale". Démarche contestée par certains opposants qui y voient "un piège à cons". Mais aussi alléchante pour d'autres qui songent aux échéances futures.. 

 

D'aucuns pensent que pour un tel changement stratégique, il faudra remercier le chef cuisinier de Matignon, incarnation du déjà "vieux monde" d'avant le Covid. D'autant que les candidats pour le remplacer ne manquent pas. Notamment le patron de la citadelle de Bercy qui met en œuvre une politique largement redistributive de "monnaie hélicoptère", contraire à son ADN d'origine. Et parle aussi de nationalisations d'entreprises défaillantes et de revalorisation des métiers des "invisibles". De quoi laisser bouche bée ses opposants de gauche radicale accoutumés aux queues de radis. 

 

Où l'on voit qu'il ne s'agit pas d'un simple aggiornamento de la carte mais d'une restructuration complète de l'établissement. Faut-il que tout change pour que tout continue comme avant ?..  MB

 

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                                                                       Un combat incertain..

                                                                     Que la bête meure ?..

                                                       "Tu parles trop du soir au matin !.."

                                         "Ma fille, n'essaye pas de ressembler à ton père !.."

 

                                                         La vache Kiri déguisée en pangolin ?..

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