L'arme fatale..

  • lepirelon

"C'est pas bientôt fini cette comédie ?.." Le gouvernement a décidé de mettre fin brusquement à la guérilla parlementaire contre son projet de réforme des retraites. Le premier ministre est venu à l'Assemblée nationale, par surprise, annoncer qu'en application de l'article 49 alinéa 3 de la Constitution, il allait exiger un vote bloqué sur le texte. Le mettant ainsi, en quelque sorte, en "quatorzaine" d'ici le 15 mars, date du 1°tour des élections municipales. A l'abri du virus de l'obstruction procédurière de l'opposition dénoncée à grands cris par la majorité qui y voyait un piège grossier. De fait.

 

Si l'opposition ne peut faire avaliser les motions de censure qu'elle va déposer, le projet amendé serait ainsi adopté en première lecture. Avant d'être transféré au Sénat qui pourra le modifier à sa guise. D'ici là, l'eau aura coulé sous les ponts et les esprits se seront un peu calmés. Laissant place à des débats plus constructifs ? La commission paritaire incluant les syndicats aura présenté ses propositions pour le financement de la réforme qui pourront être intégrées au projet de loi présenté ensuite en deuxième lecture à l'Assemblée nationale. Ce va-et-vient devant s'achever avant l'été et la fermeture de l'hémicycle pour travaux qui imposent sa cessation d'activité durant trois mois. Relâche bienvenue pour certains députés surmenés. D'autres n'y verront pas trop la différence..

 

Fin d'un jeu de faux-semblants. Nul ne sortira grandi de cet épisode. Le gouvernement qui après avoir mené une "concertation" avec les syndicats s'est montré maladroit en présentant un texte "à trous" mal ficelé et plein d'incertitudes. Rajoutant au passage une "mesure d'âge" qui a braqué la Cfdt, l'Unsa et la Cftc plutôt favorables au principes généraux du système à points. Ce qui a failli faire capoter le projet avant qu'Edouard Philippe se ravise et propose de refiler la patate chaude aux syndicalistes en instituant la conférence paritaire sur le financement des retraites. Game over !

 

En face, les syndicats CGT, FO, FSU, CFE, Sud, Solidaires, opposés viscéralement à la réforme, ont mobilisé leurs troupes pour manifester durant presque deux mois. Sans infléchir la volonté du pouvoir qui a maintenu son projet et l'a présenté à l'Assemblée. Où les débats ont pris mauvaise tournure sous l'impulsion de l'opposition, déterminée à faire feu de tout bois pour en empêcher la ratification. Assumant leur démarche d'obstruction, les 17 députés de La France insoumise se sont évertués à mettre des bâtons dans les roues du gouvernement en présentant 30000 amendements. Ergotant sur les points-virgules ou abusant du dictionnaire des synonymes pour recaler un mot. Et ainsi retarder ad libitum la conclusion des débats et obliger le pouvoir à brandir in fine l'arme fatale du 49-3. En espérant le voir déconsidéré aux yeux de l'opinion par ce "coup de force".

 

Cette tactique ne peut que satisfaire ceux qui étaient déjà convaincus de la nocivité supposée de la réforme. Pour d'autres, cela met fin à un épisode déshonorant de la démocratie parlementaire.    Un "jeu de cons", diraient certains. Qui ne peut que renforcer l'antiparlementarisme latent et encourager les partisans de l'activisme violent. Une bonne thérapie de groupe s'impose à tous..  MB

 

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

MASCARADE

François Ruffin aime mettre les pieds dans le plat. Le député LFI dénonce ainsi sur son blog le ballet post-49.3 joliment mis en scène des motions de censure de LR et de la gauche PS/PCF/LFI, qui n’ont aucune chance d’aboutir. «C'est du bidon. De l’agitation, qui demeure dans le ronron des institutions. Nous ferons, à coup sûr, de belles diatribes à la tribune [...]. Le Premier ministre donnera la réplique, et la majorité applaudira en cadence, puis se lèvera pour une standing ovation, avant de voter le rejet», écrit, lucide, l’élu LFI qui en appelle donc à une solution beaucoup plus radicale, mais tout aussi illusoire : une «dissolution de l’Assemblée nationale» et «unir les forces pour vaincre Macron, dans la rue et dans les urnes…»

 

Traduction: Aveu d'impuissance assumé. Donc: "Foin du légalisme ! Vive l'agit-prop' !.."  MB

 

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

04.03.20: L'Assemblée nationale a connu une séance nocturne pleine de tohu-bohu lors du débat sur les motions de censure présentées par l'opposition, en réaction au vote bloqué de la réforme des retraites grâce au 49-3. Des remarques acerbes, des invectives et quelques noms d'oiseaux ont émaillé les discours des uns et des autres. Ainsi du député communiste André Chassaigne moquant "les cacatoës de la majorité", les accusant d'une "mise à mort du débat". Ce à quoi un député Modem répondit: "Le 49.3 n’a pas transformé les citrouilles en carrosses ni les obstructeurs obstinés en débatteurs désintéressés". Réplique de Jean-Luc Mélenchon: "L’obstruction parlementaire, c’est vous, les marcheurs, vos odieuses méthodes, vos provocations, vos grossièretés, votre acharnement contre nous, vos ragots. Vous ne vous êtes pas contentés de nous faire perdre du temps en provocations. Vous serez dès demain matin la risée du monde démocratique civilisé". Ajoutant: “Vous êtes d’esprit dictateur, vous ne supportez pas la contradiction, vous êtes des technocrates hallucinés par leur vérité, vous ne croyez pas à la vertu du dialogue". Déterminé, il a promis "une guérilla populaire et parlementaire” au gouvernement. Interrompu par un député qui lui crie: "C'est du cinéma !", il réplique: "Non Monsieur, ça s'appelle de l'art oratoire !". Une diatribe contrecarrée par le président du groupe LREM qui a vilipendé "les pompiers pyromanes et les tartuffes qui ont confondu amendements et amusement". En effet, il n'y a pas de quoi y trouver matière à rire..  MB

 

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Néanmoins, certaines assertions prêtent à sourire. Entendre un élu communiste traiter d'autres députés de "cacatoës" est plutôt incongru si l'on se réfère aux débuts de carrière de ce "vieux de la vieille" dans les années 70, sous la houlette de Georges Marchais, surnommé "le perroquet de Moscou", qui ne trouvait rien à redire à l'invasion de l'Afghanistan ou qualifiait "d'affabulations" le témoignage sur le goulag de Soljenitsyne. Quant à Jean-Luc Mélenchon il semble souffrir d'un phénomène de "projection" comme l'on dit en psychologie, lorsqu'il parle d'odieuses méthodes, de provocations et de grossièretés. Ou quand il dit: “Vous êtes d’esprit dictateur, vous ne supportez pas la contradiction". Les termes exacts employés par les cadres démissionnaires des Z'insoumis, comme Thomas Guénolé, pour qualifier la conduite du Lider Maximo, admirateur de Maduro.  MB

 

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

05.03.20: On a appris qu'à Lourdes des mesures draconiennes ont été prises pour lutter préventivement contre le coronavirus: fermeture des piscines, bénitiers vidés et confessionnaux munis de gels hydroalcooliques. Afin de protéger la vitalité des nombreux pélerins malades qui y viennent dans l'espoir de recouvrer la santé au contact de l'eau de la source "miraculeuse". Comme on dit: "Y'a que la foi qui sauve !.." Les marchands du Temple vont-ils devoir solder leurs bondieuseries ?..

 

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

07.03.20: Au rayon "Grosses têtes", signalons cette assertion de Ségolène Royal, dite "la tata flingueuse", qui a affirmé modestement: "Franchement, si j’avais été aux responsabilités, les gilets jaunes, ça ne durait pas 48 heures". Poursuivant, elle ajoute: "Entre l’injustice des années Sarkozy et le “en même temps” des années Macron, on constate une évidente continuité. Pour répondre à la double crise environnementale et démocratique, je crois plus que jamais à l’avènement des femmes ". Et Ségolène de rêver d’un second tour qui la verrait affronter Marine Le Pen en 2022. "Je suis la mieux placée pour l’emporter, affirme-t-elle. On ne voit pas comment Emmanuel Macron pourrait être élu puisqu’il n’aura pas une seule voix de gauche et que la droite aura son candidat". Il est déjà loin le temps en 2017 quand elle déclarait: "Emmanuel Macron est pragmatique, il est dans la modernité. Il comprend notre époque. Il peut changer la France". Séduite et abandonnée..

 

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                   Pénibilité:

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Personnaly © 2014 -  Hébergé par Overblog