Embrassons-nous Folleville !.

  • lepirelon

Nous avons Martinez, ils ont Sanchez. Ces deux noms aux consonances ibériques sont les patronymes de deux personnalités que tout oppose. Philippe Martinez est le "patron" de la CGT française qui veut faire plier le gouvernement sur la réforme des retraites et faire chuter Macron. Pour cela, il revendique le blocage de l'économie et se refuse à condamner les exactions commises contre des non-grévistes. Par ailleurs, il assume sa vision de la société et de l'économie, en lutte contre le capitalisme et sa variante néo-libérale. 

 

De l'autre côté des Pyrénées, ils ont Pedro Sanchez surnommé el Guapo, premier ministre social-démocrate en passe d'être renouvelé à son poste grâce à une alliance avec Podemos, équivalent espagnol de La France insoumise, et l'abstention du mouvement indépendantiste ERC. La chose n'allait pas de soi après les dernières élections législatives qui n'ont dégagé aucune majorité claire. Les voix s'étant dispersé parmi treize partis présents aux Cortes Generales, le parlement espagnol.

 

Le parti socialiste PSOE y a obtenu 28 % des voix, le parti populaire de droite 20,8 %, le parti Vox d'extrême-droite 15,08 %, Podemos 12,8 % et Ciudadanos du centre droit 6,8 %. Moins de deux jours après le scrutin, le PSOE et Unidas Podemos ont annoncé la conclusion d'un accord de principe pour former un gouvernement de coalition. Pedro Sanchez a réussi à convaincre Pablo Iglesias, le leader gauchiste au look zadiste dépenaillé qui vient d'acquérir une belle maison dans une banlieue huppée de Madrid, afin de s'allier. Alors que celui-ci s'y était toujours refusé avant.

 

Il faut dire que son étoile a singulièrement pâli dans l'électorat qui lui a fait perdre sept députés. En particulier à cause des révélations sur son train de vie en décalage avec ses options politiques. Pour survivre il a dû aller à Canossa et accepter le contrat avec les sociaux-démocrates qu'il ne cessait de critiquer auparavant...  Nécessité faisant loi, il a dû passer sous leurs fourches caudines et signer l'accord de gouvernement. Celui-ci prévoit de fortes mesures sociales comme l'encadrement de la hausse des loyers, l'abrogation de la loi de sécurité publique connue comme la « loi bâillon », une hausse de l'impôt sur le revenu pour les plus aisés, l'instauration d'un revenu minimum vital, la suppression des franchises médicales, la légalisation de l'euthanasie, un plan de lutte contre l'exode rural et une loi instituant la laïcité de l'État. Ce qui n'est pas rien et constitue une avancée.

 

Ce programme aurait de quoi faire rêver nos propres forces de gauche françaises, à la peine pour s'entendre. Victimes sidérées du "dégagisme" des élections législatives en 2017 puis des européennes en 2019 qui ont vu le PS et LFI ramenées au coude à coude à 6 % des voix. Le Parti socialiste maintenant sa survie et la France insoumise en dégringolade, comme Podemos, perdant les 2/3 de ses électeurs. Principalement à cause des incohérences et des turpitudes juridico-policières de son Lider Maximo, Jean-Luc Mélenchon. Jamais à court de rodomontades conspirationnistes.

 

Le 11 décembre dernier, certains ont pu croire à une renaissance de l'union des gauches, lors d'une réunion publique réunissant sur l'estrade Olivier Faure du PS, Eric Coquerel des Z'insoumis, Fabien Roussel du PCF et Olivier Besancenot de NPA. Et même Nathalie Arthaud de Lutte ouvrière. Sacrée brochette !.. Le ban et l'arrière ban de l'ex-famille réunifiée pour vilipender la réforme des retraites et le pouvoir macronien. On y a entendu de fortes déclarations: "Macron est fort de nos faiblesses, fort de nos divisions", a rappellé le premier secrétaire du Parti socialiste. "Déjà, il faut éviter de se taper une bonne gueule de bois", lance Olivier Besancenot. "Et la condition de ça, c'est de mouiller le maillot tous ensemble pour gagner. Le reste, c'est des histoires pour enfant !", dit-il.  Preuve que la rhétorique peut casser des briques, comme disait Mao dans son petit livre rouge ?..

 

Tout ce beau monde s'est ensuite séparé en se promettant de se revoir pour des actions ponctuelles et la préparation d'un contre-projet. Depuis, la trêve des confiseurs a quelque peu douché ces espoirs. Un cadre du PS déplore: "Quand j'ai vu le meeting commun du 11 décembre, je m'étais dit qu'il y avait quelque chose. Mais là ils sont retombés dans leur léthargie, leur fainéantise". Merci pour ce diagnostic ! Une députée LFI explique: "On est dans un moment de convergence distancée, disons. La thèse de Mélenchon, c'est qu'il ne doit pas se fondre dans une démarche unitaire".

Forcément, puisque: la République c'est lui !.. Tout comme Louis XIV disait: "L'Etat, c'est moi !.."

 

Après l'épisode "Embrassons-nous, Folleville !", chacun est retourné gérer sa petite boutique en surveillant le voisin. Prêt à lui piquer sa clientèle qui se fait rare. Ce n'est donc pas demain que nous aurons l'espoir de vivre chez nous la situation espagnole actuelle avec un gouvernement de coalition progressiste représentant une alternative crédible au macronisme. De profundis !..  MB

 

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A contrario, la social-démocratie semble vivre un revival en Europe. Au Nord: Suède, Danemark et Finlande ont élu des dirigeants de gauche. Au Sud, Portugal, Espagne et maintenant aussi Italie ont des gouvernements à composantes progressistes. Et la Croatie vient d'élire un président socialiste.

En France, on en est encore a compter les cadavres et à espérer sauver des sortants aux élections municipales. En sortira t-il un jour cette "grande voix qui manque à la gauche", comme l'a écrit Françoise Fressoz dans un éditorial du journal Le Monde ? A ce jour, cela n'en prend pas le chemin. A moins qu'Emmanuel Macron soudain se souvienne qu'il a été, durant deux ans, encarté au PS ?..

 

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A lire ci-dessous un portrait à la sanguine dressé par Philippe Ridet, chroniqueur au journal    

 

 Il est comme ça… Jean-Luc Mélenchon

                                                 

 

Chaque jour depuis le début du conflit sur les retraites, il est sur le terrain, couvant cheminots et agents de la RATP en grève d’un œil attendri et paternel. À 68 ans, il est persuadé d’avoir trouvé dans le mouvement social en cours "la forme d’évidence et de légitimité de l’insurrection", comme il l’écrit sur son blog, L’Ère du peuple. Il appelle tous les insoumis"à leurs postes de combat !". Le grand soir est pour demain.

 

La voilà, pense-t-il, cette avant-garde qui saura guider la révolution dont il va répétant qu’elle est sur le point d’arriver, semblable en cela à ces joueurs de casino qui s’obstinent à miser sur les mêmes numéros. Parfois, ça marche. Qui sait si, parmi ces leaders en chasubles de couleurs, ne se cache pas la relève qui fera enfin chanter les lendemains mieux qu’il n’a su le faire ? Il avait parié gros l’année dernière sur Éric Drouet. Mais le chauffeur routier et éphémère chef de file des « gilets jaunes » n’a pas tenu la route. Qu’importe : l’espoir demeure.

De la bouteille et de la vista

Professionnel de la politique et militant depuis quarante ans, Jean-Luc Mélenchon en est certain : cette fois, c’est la bonne. Privilège de l’âge et de l’ancienneté, c’est la quatrième fois qu’il s’oppose à une réforme des retraites.

 

Cette longue histoire lui a donné de la bouteille et de la vista. Qu’on en juge. Les manifestations auxquelles il prend part en général à Marseille où les chiffres de participation sont multipliés par dix ? "Une marée humaine". L’attachement aux régimes spéciaux de retraites de la part de ceux qui en sont les bénéficiaires ? "Un soulèvement général". Le soutien supposé qu’ils reçoivent de ceux qui n’en profitent pas ?    La preuve que « le collectivisme est de retour ».

 

Ayant déjà raté, comme nombre d’entre nous, 1789, 1917, 1936, 1945 et 1968, le leader de La France insoumise s’impatiente. C’est normal. D’autant qu’il s’en est fallu, selon lui, d’un cheveu qu’il ne soit qualifié au second tour de la présidentielle de 2017. Cette « presque deuxième place » est pour lui mieux qu’un accessit. Elle l’a installé dans le rôle de meilleur opposant à Emmanuel Macron qu’il poursuit de sa haine depuis lors.

 

Mais comme l’explique Le Figaro du 11 décembre, la réalité des sondages est plus cruelle. Depuis plus de deux ans, son crédit s’est émoussé. 39 % des Français considèrent que le Rassemblement national est « la meilleure opposition » à Macron, quand 20 % citent LFI ; sa cote d’avenir s’est effondrée de 18 points. L’aurait-on trop vu ?

 

Justiciable outragé faisant barrage de son corps aux perquisitions des magistrats dans les locaux de son parti, condamné à trois mois de prison avec sursis et 8 000 euros d’amende pour ces faits, tribun et rhéteur redoutables, on se souvient moins de ces actes que de ses punchlines : « la République, c’est moi ! », « ma personne est sacrée », auxquelles il faut ajouter depuis le 24 décembre sa profession de foi au sujet du Père Noël : "Je suis persuadé d’en être une des manifestations. Je suis rouge comme lui". Mais là, c’était vraiment de l’humour...

 

Pourtant malgré ce déclin illustré par les enquêtes d’opinion, il y croit toujours. On l’a vu l’autre jour à la Gare de Lyon écoutant la mine extatique l’appel à la mobilisation d’un gréviste au sein d’une assistance maigrelette. Il n’y avait aucun train à quai. Jean-Luc Mélenchon attendait la révolution. En 2020, peut-être…

 
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Mélenchon comprend la fuite de Carlos Ghosn

 

La fuite de Carlos Ghosn du Japon a choqué / étonné (rayez la mention inutile). Elle n'a en revanche pas surpris Jean-Luc Mélenchon qui, ce matin sur Europe 1, estime que le patron de Renault a été maltraité par les autorités nippones, expliquant ainsi pourquoi le PDG s'est barré. «Les droits de la défense ne s'appliquent pas en fonction de critères de classe. [...] Vous connaissez un être humain qui n'essaye pas de s'échapper quand on le maltraite ? Ça n'existe pas», estime le leader insoumis avant de faire un parallèle, disons osé : «Quand un de mes amis s'évade des prisons des dictateurs, je ne leur dis pas qu'ils doivent respecter la loi et y retourner.»                   Un argumentaire proche de celui de l'un des avocats de Carlos Ghosn, avançant hier sur France 2 qu'il n'y avait pas «de possibilités d'un procès équitable au Japon» pour le patron.

 

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A propos du renoncement d'Emmanuel Macron à sa retraite de président de la République, Jean-Luc Mélenchon avait commenté: "C’est insupportable, il n’y a que les grands seigneurs, les très riches, les importants qui peuvent se permettre ce genre de libéralités. Il a les moyens de se passer d’une retraite de 6000 € mais la plupart des gens n’ont pas ces moyens, personnellement je ne les ai pas". Concernant Carlos Ghosn qui peut se permettre d'abandonner au Japon une caution de 12 millions de dollars, pas le moindre soupçon de commentaire du même ordre. Sans parler des turpitudes financières qui lui sont reprochées ici et là-bas: détournement de fonds et prises d'intérêt. Comment expliquer aux autres Z'insoumis - ou présumés tels - une pareille complaisance envers celui qui représente pour eux une tête de Turc idéale ?.. Serait-ce la solidarité entre justiciables "victimes" du lawfare ?.. MB

 

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Jean-Luc Mélenchon n'est pas seul a exprimer son soutien à Carlos Ghosn. Marine Le Pen a déclaré: "Je m'étonne d'une chose, c'est que face à des conditions de détention qui ne sont pas aussi correctes qu'en France, qu'a fait la France ? Qu'a fait l'aide consulaire qui normalement doit être apportée à tout Français ? Le gouvernement français n'a strictement rien fait. La France l'a abandonné !..".   Bel apitoiement désintéressé de la part de la patronne du Ramassis national et du Grand Timonier des prétendus Z'insoumis pour déplorer le sort réservé au Comte de Monte-Carlos. Tous deux prêts à faire feu de tout bois, même le plus vermoulu, pour attiser leur haine du pouvoir ?..

 

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                                           "Avec ces tenues de carnaval ? Pas très nipon !.."

 

                                                       "Aux innocents les mains pleines !.."

 

 

 

 

                                              "Il est passé par ici. Il repassera par là !.."

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