Peau de chagrin..

  • lepirelon

Au 24° jour de grève, à quoi ressemble donc le projet de "régime universel" des retraites ? Pour le gouvernement, il devrait remplacer l'ancien système qui s'apparentait à un costume d'Arlequin avec ses 42 régimes spéciaux. Pour les syndicats CGT, FO, Sud-Solidaires, il constitue un carcan insupportable. Les syndicats réformistes Cfdt, CFTC, Unsa, y voient, pour l'instant, une cotte mal taillée. Pour Jean-Paul Delevoye, il s'est avéré comme une tunique de Nessus consumant Hercule après la révélation de ses 13 travaux. Quant à l'ensemble des Français ils redoutent de voir leur retraite amputée à l'instar du manteau de saint Martin.

 

A vrai dire, le projet initial a tout d'une peau de chagrin dont le caractère universel se réduit un peu plus chaque jour. En coulisses, de nombreuses catégories professionnelles ont négocié la prorogation de leur statut spécial au nom de leurs spécificités. Recréant des disparités aussi fortes que les précédentes par rapport au tronc commun. Ainsi des policiers qui, les premiers, ont obtenu le maintien de leurs avantages acquis en termes de cotisations et de droits à une retraite anticipée. Au nom des risques du métier, même pour ceux qui ne bravent pas quotidiennement le pavé. 

 

Au rayon des "fonctions régaliennes", les pompiers, les douaniers et les surveillants de prison conservent la possibilité de départ anticipé. Les pompiers et douaniers pourront partir à la retraite dès 57 ans et les gardiens de prison à 52 ans. Garde-chiourme: un métier d'avenir pour qui veut veiller sur les clés du Paradis le plus tard possible après un long repos mérité. Les pompiers apprécieront.

 

Dans la même veine, les contrôleurs aériens ont obtenu le maintien de l’âge légal d’ouverture des droits à la retraite à 52 ans et un âge pivot fixé autour de 54 ans, contre 64 ans dans la réforme prévue par le gouvernement. Sachant que le temps de travail hebdomadaire des contrôleurs français est de 32 heures dont 8 heures de temps de pause. Ces pauses visent à assurer des cycles de travail et de repos au sein de vacations nécessaires pour la sécurité. Un contrôleur tiendra son poste un maximum de 2h30 sans pause puis bénéficiera de 30 min au moins de temps de repos. Pour un salaire mensuel moyen de 5000 € net. Et une pension de retraite à l'avenant. Mazette !..

 

Les pilotes, eux, ont obtenu le maintien de l’âge de départ à 60 ans et de conserver leur caisse de retraite complémentaire pour financer le système. Les hôtesses et stewards, après une discussion avec le secrétaire d’État aux transports Jean-Baptiste Djebbari, le 23 décembre, ont eu, de leur côté, des garanties quant à la conservation de leur caisse autonome et ont en conséquence levé le préavis de grève initialement prévue le 3 janvier. Les "Chevaliers du ciel" peuvent voler tranquilles. Même en pilote automatique. Vol de nuit ou pas..

 

Sur terre, les "routiers sympa" étaient en grève le 16 décembre et le gouvernement craignait un blocage durable des accès routiers. Les transporteurs routiers réclamaient notamment le maintien de leur congé de fin d’activité, une spécificité qui leur donne la possibilité de partir à la retraite à 57 ans, à condition d’avoir travaillé au moins 26 ans. “Ce congé de fin d’activité sera maintenu”, a annoncé, le même jour, la ministre de la Transition écologique. Les "forçats de la route" le valent bien.

 

A la SNCF et la RATP, le gouvernement a proposé que le système à points ne s’applique que pour les personnes nées après 1980 ou 1985 selon les métiers, loin derrière ceux nés en 1975 prévus par la réforme. Des dispositions sont également prévues pour éviter une baisse des pensions consécutive au changement de régime, avec une prise en compte effective des six derniers mois d’activité dans le calcul de leur montant. La "clause du grand-père" fera  jurisprudence. Jusqu'en 2047 ?   Or, d'ici là, toutes les lignes de métro auront été automatisées. Exit  la chienlit pour les usagers ?..

 

A l'Opéra, les danseurs et danseuses conserveront le droit d'arrêter leurs pirouettes à 42 ans pour soigner leurs muscles meurtris ou leurs cartilages usés et remiser leurs chaussons. Aux pommes !..

 

Au travers de tous ces exemples, on voit que la fin des régimes spéciaux annoncée n'est pas pour demain. Il est d'autant plus étonnant d'entendre des syndicalistes revendiquer le retour du droit à la retraite à 60 ans. Dans ce cas , il faudrait que certains s'y collent illico presto pour s'y conformer afin d'augmenter régulièrement leur âge de départ pour passer de 52  à 53 ans, puis 54, 55, 56 etc..    

 

Alors, cette réforme ?.. Peau de chagrin, peau de l'ours ou peau d'âne ?.. Peau de zébu !..  MB

 

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A l'aube de la 4° semaine de grève, les esprits s'échauffent. Le secrétaire d’Etat aux Transports, Jean-Baptiste Djebarri accuse la CGT de pratiquer un syndicalisme “de blocage” et “d’intimidation”. Philippe Martinez lui répond en reprochant au gouvernement d’organiser “le bordel” dans le conflit sur les retraites. Ils n'y vont pas à fleurets mouchetés. Chacun avec son mode d'expression..     

 

Jean-Baptiste Djebbari dénonce dans un entretien au JDD “une pression qui s’exerce de façon anormale sur une partie des cheminots”, qualifiant cette attitude “d’inacceptable”.   “J’ai demandé aux dirigeants de la SNCF et de la RATP d’être vigilants et d’agir de façon résolue face à des attitudes d’intimidation, de harcèlement, voire d’agression dont seraient victimes les agents qui ont fait le choix de travailler”, a t-il dit. Ajoutant: “La CGT veut marquer les esprits par des coups de poing médiatiques. Les Français ne sont pas dupes de la politisation à l’extrême gauche de ce mouvement”.   “La CGT-Cheminots et SUD-Rail ne sont jamais venus au ministère des Transports débattre, proposer ou même faire état de leur désaccord”, regrette t-il, fustigeant une “politique de la chaise vide”.  

 

Philippe Martinez, lui, tire à boulets rouges sur l’exécutif, accusé d’organiser “le bordel” et de jouer “le pourrissement” du conflit déjà plus long que celui de 1995. “Emmanuel Macron se veut l’homme du nouveau monde mais il imite Margaret Thatcher”, cingle le secrétaire général de la CGT. Fichtre ! Selon lui, “avec la grève, on obtient toujours quelque chose. Regardez, depuis deux semaines, on apprend chaque jour que tel ou tel régime spécial sera finalement maintenu”. Tu m'en diras tant !..  Si l'on ne peut pas tout avoir d'un coup, procédons tranche par tranche. Technique dite du salami. Quelqu'un a t-il pensé aux cornichons qui bonifieront ce plat de résistance par leurs contributions ?  

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Il est étonnant d'entendre Philippe Martinez accuser le pouvoir d'"organiser le bordel" de la grève lorsque l'on a vu, à plusieurs reprises, des délégués syndicaux se targuer de mettre en place "un blocage de l'économie" pour appuyer leurs revendications. Dans la série: c'est çui qui l'dit qui y est.  Par ailleurs, au vu de la position radicalisée du secrétaire confédéral de la CGT, genre: ça passe ou ça casse !, on peut se demander s'il n'est pas motivé par d'autres enjeux. D'abord, il a une revanche à prendre sur le pouvoir macronien après les défaites cuisantes sur les lois en début de quinquennat (code du travail, assurance-chômage, réforme de la SNCF). Ensuite, il est de plus en plus contesté par la base des travailleurs qui sont radicalisés politiquement, jusqu'au-boutistes et opposés à "la culture du compromis", l'accusant de pratiquer la négociation en entreprise. Enfin, il est menacé dans sa fonction. Certains guignent son fauteuil et veulent le déstabiliser. Notamment Laurent Brun, secrétaire fédéral de la CGT-cheminots qui se verrait bien calife à la place du calife..

 

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Dans la même série: il vaut mieux entendre ça que d'être sourd, on notera les réactions de certains syndicalistes à la vidéo montrant une conductrice de métro non-gréviste se faire agresser et insulter à sa prise de service par un groupe d'hommes chantant à tue-tête: "Elle est vendue, vendue !..".  Cet incident a suscité de nombreuses réactions dont celle de la direction de la RATP qui a tweeté: la RATP condamne fermement ces actes et apporte son soutien total à sa conductrice face à ces comportements irresponsables. Ces agissements sont inacceptables. Une enquête interne a été ouverte. La RATP appelle à l’apaisement et rappelle que si le droit de grève est un droit, empêcher le travail des agents est répréhensible."C’est une honte, c’est tellement facile de s’en prendre à cette dame" s’est exclamé Thierry Babec, secrétaire général de l’Unsa-RATP le premier syndicat de la régie. "Le respect et la non-violence étant des valeurs essentielles pour notre organisation syndicale, nous sommes totalement opposés à ce type d’action que nous condamnons fermement" a renchéri Frédéric Ruiz, président de la CFE-CGC-RATP, le troisième syndicat représentatif. Mais il a ajouté: "Ceci étant dit, le gouvernement porte l’entière responsabilité des débordements par sa gestion de la situation par le pourrissement, sa surdité et son refus de vraies négociations". Vous avez bien lu: "le gouvernement porte l’entière responsabilité des débordements par sa gestion de la situation". Sous-entendu: "quelque part, elle l'a bien cherché". On vous laisse juges d'une telle mauvaise foi.

 

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                                                                       Retraite au flambeau ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                              "Comment ça: 20 % de TVA sur ma cagnotte ?.."

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