Le Bûcher des vanités..

  • lepirelon

"Même les paranoïaques ont parfois des ennemis !" disait je ne sais plus qui. Admettons. De là à justifier toutes leurs élucubrations complotistes, des précautions s'imposent. Au risque de sombrer dans un culte archaïque exigeant l'immolation du bouc émissaire pour se prémunir de la colère des dieux. Et de ne pas affronter une réalité qui n'est pas celle qu'on imagine.  Ainsi, une fois de plus, en est-il des déclarations outrancières de Jean-Luc Mélenchon à propos du résultat des élections britanniques qui ont vu Bojo le clown écraser ses concurrents. Les reléguant à la portion congrue.

 

Principalement son adversaire travailliste Jeremy Corbyn qui a subi une défaite cinglante, la pire depuis 1935. Beaucoup d'électeurs votant traditionnellement à gauche l'ont sanctionné à cause de sa position ambigüe sur le Brexit, son programme économique jugé trop radical et irréaliste mais aussi des accusations d'antisémitisme dans le Labour. Portées, notamment, par dix députés qui en ont démissionné début 2019, en reprochant à Jeremy Corbyn sa responsabilité dans la montée de l'antisémitisme au sein du parti, son ambiguïté face au Brexit et ses prises de position en matière de politique internationale (soutien univoque à la cause palestinienne, au Hamas et au Hezbollah qualifiés d'amis ainsi que l'hommage aux terroristes palestiniens qui ont assassiné des athlètes israéliens en 1972). Positions passées pour lesquelles il a exprimé ses regrets. Néanmoins, le grand rabbin du Commonwealth, Ephraïm Mirvis, lui  a reproché d'avoir laissé le "poison" s’enraciner au sein du Parti travailliste. A l'instar des enquêtes de la presse comme celle de la BBC révélant la dérive "antisémite, voire révisionniste" d'une partie de l'extrême gauche liée au Labour. Accusations graves dont Jeremy Corbyn a essayé de se défaire en se justifiant et en présentant ses excuses pour n'avoir pas suffisamment reconnu le problème. Tout en laissant le doute persister. Shocking !

 

Selon Jean-Luc Mélenchon, ces faits expliquent "le terrible revers électoral du Parti Travailliste de Jeremy Corbyn". D'après lui: "Corbyn a passé son temps à se faire insulter et tirer dans le dos par une poignée de députés blairistes. Au lieu de riposter, il a composé. Il a dû subir sans secours la grossière accusation d’antisémitisme à travers le grand rabbin d’Angleterre et les divers réseaux d’influence du Likoud (parti d’extrême droite de Netanyahou en Israël). Au lieu de riposter, il a passé son temps à s’excuser et à donner des gages. Dans les deux cas, il a affiché une faiblesse qui a inquiété les secteurs populaires". Donc, pas de responsabilité propre de J.Corbyn dans son échec.

 

Pour faire bonne mesure, le gourou des Z'insoumis autoproclamés conclut son texte en actant ses refus, pour faire comprendre aux siens qu'il ne sera pas Corbyn. "Retraite à point, Europe allemande et néolibérale, capitalisme vert, génuflexion devant les ukases arrogantes des communautaristes du CRIF: c'est non. Et non c'est non".  Et voilà donc, en conclusion de l'analyse, le Conseil représentatif des institutions juives de France érigé en adversaire majeur, au même titre que les politiques de M. Macron, de Mmes Merkel ou Von der Leyen, au même titre que le capitalisme et ses ruses sans fin. (extrait de la remarquable tribune de Claude Askolovitch: Jean-Luc Mélenchon n'est pas antisémite, mais.. parue sur Slate.fr). Complotisme généralisé à tous les étages. Mantra rituel.

 

Comment ne pas s'étonner d'un tel aveuglement devant la réalité, étayé par un syndrome de persécution. Justifiant son indignation paramétrée par un discours accusatoire requérant à charge et ignorant toute présomption d'innocence. Objectivement, on se situe là dans le même registre qu'emploie avec plus d'efficacité l'extrême droite qui déploie régulièrement un discours victimaire trouvant facilement son écho dans ses soutiens de plus en plus nombreux. "Le populisme de gauche" prôné par LFI serait-il devenu la prothèse du Ramassis national ? C'est précisément le risque redouté par certains pour 2022, entre l'abstention revendiquée et le "vote révolutionnaire".

 

Les outrances sémantiques répétées de Jean-Luc Mélenchon dévoilent une pensée hargneuse, voire haineuse, qui discrédite toujours plus sa démarche intellectuelle. Ses jugements à l'emporte-pièce défiant la rationalité se noient dans la boursouflure des formulations rhétoriques. Elles s'apparentent de plus en plus aux provocations verbales d'un Jean-Marie Le Pen. Sauf que celui-ci s'amusait à pousser le bouchon toujours plus loin et jouissait de ses bravades comme de facéties, rarement de bon goût. En somme il restera un peu comme le Benny Hill de la politique française. Au contraire, JLM se prend au sérieux et se comporte comme un Savonarole prônant l'Inquisition, étalant sa vindicte contre "les puissants", désignant les coupables hérétiques lors de ses sermons mais dressant à la longue son propre Bûcher des vanités où le conduisent ses errements fiévreux.

 

"Vanité des vanités !" dit l’Ecclésiaste. Vanité des vanités, tout n'est que vanité. Ainsi soit-il !..  MB

 

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                                                                    Il perd la tête !..

                                                                  "Moi, antisémite ?.."

                                                                "La preuve que non !.."

                                                           "Qu'est-ce qu'il vous faut de plus ?.."

                                                                  Chaque personne est sacrée !..

 

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