Doublepatte et Patachon ..

  • lepirelon

Mes amis, préparez-vous ! Va y avoir du sproum ! La mère de toutes les batailles va commencer. Azincourt, Verdun ou Bir-Hakeim n'étaient qu'après-midis récréatives à côté de celle qu'on nous annonce. Les troupes sont sur le pied de guerre, les étendards et les fanions défient le vent, les chevaux ont droit à double ration de picotin, le clairon rutilant est prêt à sonner la charge, la Madelon emplit ses gourdes de gnôle, les généraux boutonnent l'uniforme, lustrent les galons et enfilent les bottes. Non mais, y vont voir de quel bois on se chauffe !    Scrogneugneu !..

 

Vingt-cinq ans qu'ils attendaient ça ! En découdre pour la plus noble des causes: sauvegarder le statut des cheminots, des gaziers et des électriciens qui ont bien mérité de la patrie et à qui l'on doit un repos bien mérité la cinquantaine venue. Maintenir ce droit acquis vital de troquer la cabine de conduite du TGV pour celle du camping-car Mistral et pouvoir grimper les côtes du Mont-Ventoux pour pique-niquer au bord de la route en attendant la caravane du Tour et les forçats de la route. Puis redescendre vers La Grande-Motte pour finir l'été entre sardinades, pétanques, bains et siestes. La vie de retraité, mode d'emploi. On ne plaisante pas avec ça. Trop tard ? Désolé..

 

Dressé sur ses ergots, tel un coq cantabrique, le secrétaire confédéral de la CGT, Philippe Martinez a donné la feuille de route: "Nous tiendrons jusqu'au retrait du texte de la réforme des retraites". Il ne voit "rien de bon" dans le régime universel par points. Il veut "conserver" et "améliorer" le système actuel, à ses yeux "le meilleur du monde". De plus, il prône le retour de la retraite à 60 ans. Quant au financement des déficits et notamment des 8 milliards dont le budget de l'Etat doit, chaque année, abonder les caisses des régimes spéciaux de la SNCF, de la RATP, d'EDF-GDF ou de BDF, il affirme: "Il n'y a qu'à prendre l'argent là où "elle" est !", comme dit le bon peuple. Fastoche !

 

Face à lui se dresse le premier ministre, Edouard Philippe dit "le grand escogriffe" adepte des gants de boxe et de la savate. Il se déclare "déterminé à mener la réforme à son terme et très soucieux de le faire en respectant les gens et en répondant à leurs inquiétudes". Renoncer aujourd’hui ?..    Ce serait, d'après lui, rendre incontournable demain une réforme "brutale, vraiment brutale".      Menace à peine voilée au cas où le gouvernement serait tenu en échec, perdrait les élections en 2022 et céderait la place à un pouvoir d'une "vraie droite"dure. Si l'on se fie à ses actuelles propositions, il y aurait de quoi déchanter. Fonds de pension pour tous. Chacun selon ses possibilités. Et pas de départ en retraite avant 65 à 67 ans. Comme en Allemagne. Verstanden sie ? 

 

Le combat s'articule donc entre ces deux hommes si dissemblables mais déterminés chacun à gagner la partie. L'un en lançant ses troupes à l'assaut du projet gouvernemental et ainsi retrouver une stature de vainqueur hégémonique qui lui faisait défaut. Mais aussi d'assoir son autorité auprès de ses troupes de plus en plus imprévisibles et indisciplinées. Pour cela, il peut compter, pour l'instant, sur M. Brun de la Fédération des cheminots qui organise la grève générale reconductible. Mais s'apprêterait à lui faire "le coup du lyonnais" s'il échouait. Et à jouer pique plutôt que cœur.  "Tu me fends le cœur !.." pourrait alors lui lancer le despérado éconduit..

 

En vis-à-vis, le premier ministre obligé par le président de monter en première ligne et de quitter son bunker de Matignon. Conscient qu'il joue là, dans cette bataille, son poste qui lui plait tant. Il sait que le combat sera long et déterminant pour lui, son gouvernement et, plus généralement, la macronie. Après l'annonce complète du plan de réforme, les discussions vont reprendre avec les syndicats mais la grève dans les transports risque de perdurer jusqu'aux Fêtes de fin d'année. Comme en 95. L'espoir pour lui est de convaincre avec des accommodements les syndicats réformistes (Cfdt, Unsa)  et de marginaliser les grévistes en tablant sur la lassitude des usagers du rail. Bref, le pourrissement de la grève. 

 

Voici donc le couple hétéroclite à la Doublepatte et Patachon duquel dépend, en grande partie, une avancée sociale ou une régression, selon les points de vue, pour les semaines à venir. Souhaitons que l'opinion ait droit à un vrai débat sans faux-semblants, fadaises,caricatures ou injures ciblées. Nous le valons bien. Une fois pour toutes, regardons la réalité en face. Et sachons compter. . MB

 

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Raté ! Le premier ministre vient, en direct, de cramer l'avenir de sa réforme des retraites. Après un exposé complet des principes et des modalités régissant la future loi et avoir consenti quelques mesures dilatoires, il a cru bon in fine de mentionner l'âge pivot de 64 ans nécessaire pour toucher une retraite complète. Afin de maintenir l'équilibre financier des caisses de retraite, selon lui. Cette décision constitue un casus belli pour la Cfdt et Unsa qui étaient prêtes sans cela à soutenir le nouveau système. Désavouées, elles ont décidé de rejoindre le mouvement de protestation des autres syndicats et ainsi de constituer un front uni face au gouvernement. Ce qui augure mal de la suite.   Sabotage délibéré de la part du "Grand escogriffe" ou acte manqué.. réussi ?..

 

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